Le commencement...

Le commencement...
Le palais des Roelinn dominait la colline Krupt. Au dehors, le soleil se couchait sur le royaume en paix.

Les Roelinn avaient toujours régné sur cette contrée calme, où les paysans cotoyaient les élites intellectuelles. Cette famille là ce sentait concernée par le bien-être de son peuple, et n'avaient jamais agressé aucun de leurs voisins. Tout se passait paisiblement, dans la justice et le bonheur...

Mais les Roelinn ne pouvaient pas continuer à ignorer la guerre qui se tramait au dehors... Deux familles, les Haneylin et les Moerinn, toutes deux gouvernant de vastes pays puissants, tombés dans le mal et la violence, envahissaient successivement tous les pays qui les entouraient. Il fallait se soumettre...ou être rayé de la carte.

Mais personne, dans la terre des Roelinn, ne s'attendait à ce qui se passa ce soir là...

Les troupes d' Arkenn, l'héritier des Moerinn, avançaient silencieusement dans la campagne. Egorgeant les paysans, pillant et brûlant les fermes, en progressant vers le château.

La princesse Sadella, fille unique de Tagascar Roelinn, âgée de 17 ans, sois un an de moins qu'Arkenn, s'endormait, dans sa chambre. Ses beaux cheveux d'un brun profond, joliment ondulés, glissaient sur sa figure pâle, alors qu'elle fermait ses paupières sur ses grands yeux noirs. Elle s'assoupit rapidement, sans se douter de la panique qui régnait au dehors.

Au milieu de la nuit, des tas de chevaliers entrèrent dans le château. Ils tuèrent sans mal les quelques gardes...les Roelinn n'étaient pas des guerriers. Ils s'en prirent ensuite à la famille royale, tuant Tagascar et sa femme Minata sans sciller.
Arkenn fouillait les chambre, et malgré le poids de son armure, il restait silencieux.
Il ouvrit à la volée la porte de la chambre de Sadella, et resta un instant immobile...La jeune fille dormait, recroquevillée sur elle-même, en tremblant un peu.
Il s'avança.
Ses yeux bleus se posèrent sur son visage. Sa bouche rose, légèrement entrouverte. Autour du lit de bois (un lit une place. Un lit d'enfant...le lit des jeunes filles vierges...) se trouvaient des tas de livres, des livres sur tout: l'histoire, la musique, la politique, la magie, des romans. Des tas de manuscrits anciens, écrits dans des langues disparues.
Arkenn leva son épée, au dessus de la gorge blanche de Sadella. Une goutte de sang, celui de sa mère, peut -être, tomba sur son cou. La jeune fille sursauta, et s'assit brusquement dans son lit.
Elle vit un homme immense, large d'épaules, dont l'armure d'argent luisait faiblement. Il ne portait pas de haume, mais sur sa poitrine, il portait les armoiries royales. Ses cheveux étaient courts, un peu bouclés, très blonds. Son regard était dur et son visage, bien que jeune, très viril et à l'ossature prononcée. Ses yeux bleus étaient empreints de violence et de rage..
Sadella vit aussi une épée. Une épée qu'elle n'aurait sûrement pas pu soulever, mais que l'homme tenait d'une seule main.
Elle ne pleura pas. Elle ne hurla pas. Elle jeta à Arkenn un regard soumis, effrayé. Un regard de biche avant la mise à mort.
Le prince ne bougea pas d'un cil, et Sadella attendait le coup fatal.
Après de très longues secondes, elle demanda timidement:
- Vous ne me tuez pas? Sa voix douce flotta un instant dans l'air.
- Je devrais? Rétorqua Arkenn, d'une voix grave et sèche. Sadella frissonna.

- Où sont mes parents? Demanda-t-elle, en tortillant son drap.
- Morts. Je les ai tués.

Sadella se leva d'un bond, comme si elle réalisait tout à coup à qui elle avait à faire. elle alla se plaquer contre le mur, en tremblant sous sa chemise de nuit blanche, ample, qui lui donnait un air d'ange tombé du ciel. Ses yeux s'embuèrent de larmes. Arkenn fit un pas. Elle était minuscule....Il songea un instant qu'il aurait pu couvrir tout son visage d'une seule de ses mains puissantes. Sa conscience lui disait de la tuer sur le champ...

Il ne le fit pas. Il l'attrappa brusquement, la soulevant de terre, la ceinturant à la taille. Sadella hurla. Un long cri strident.

- La ferme! Aboya Arkenn.

Il la traîna ainsi dans tout le château, la pauvre jeune fille essayait de se rattraper à chaque pilier qu'elle croisait. Vainement. Elle se débatit. Mais à chacun de ses mouvements, Arkenn resserait son étreinte.
Il sortit du palais, suivi par ses troupes. Sadella vit, rassemblés autour du château, au moins 2000 hommes, qui attendaient le retour de leur chef.
Arkenn assit la princesse sur son cheval. Il monta derrière elle, refermant un de ses bras autour de sa taille fine, plus dans un geste protecteur que pour éviter sa fuite. Il talonna le puissant destrier noir, qui galopa jusqu'au pont-levis.

Son lieutenant eut l'air surpris de le voir tenir la mince silhouette blanche dans ses bras. Mais il ne dit rien...On ne contestait pas Arkenn. Jamais...A moins de vouloir mourir très lentement.

Le lieutenant ordonna de reprendre la marche.

Ils chevauchèrent longtemps, très longtemps. Sadella n'osait pas parler. Elle finit par s'endormir, après avoir longtemps lutté, contre l'épaule de son ravisseur. Celui-ci baissa doucement les yeux vers elle. Il inclina légèrement le menton et respira l'odeur des cheveux de la princesse. Il eut trop de retenue pour y glisser les doigts.

Elle s'éveilla à l'aube, courbaturée et angoissée. La voix d'Arkenn la fit sursauter.

-Nous sommes bientôt arrivés.

Sadella leva les yeux. Ils traversaient des champs dévastés, au milieu desquels se dressait un immense château. Noir... Un château fortifié, destiné à la guerre. Le genre d'endroit où il y avait rarement une salle de bal. Elle frissonna.

- Je...vais être obligé de vous mettre en cachot... Dit le prince.

Sadella tourna son visage pâle, fatigué, où se lisait la terreur et l'incompréhension. Son regard triste et meurtri rencontra les yeux bleus d'Arkenn. Elle le remarqua alors: dans la lumière de l'aube, l'air grave et le visage encore maculé de gouttelettes de sang, Arken était beau. A la manière de Mars ou d'Hadès.
Il ne soutint pas longtemps le regard de la jeune fille.

- Du moins, le temps qu'on vous prépare une chambre...Grommela-t-il.

Un instant, des tas de choses lui avaient traversé l'esprit. La laisser au cachot? Elle? Une gamine? Une princesse? Avec les gardes? Ils lui auraient fait du mal. Leurs clients étaient rarement des jeunes filles...Alors que l'étage où il dormait était presque inocuppé...Il ne l'avait pas épargnée pour qu'elle meure de froid, de faim, ou assassinée par ses geôliers....


Les chevaux entrèrent enfin dans la cour de l'immense château. Sadella fut conduite dans sa cellule. Arkenn n'osa pas la regarder dans les yeux. Il la conduisit là bas, dans un trou noir et glacé. Elle s'entoura de ses bras, et, la mâchoire frissonante, pencha la tête sur le côté comme un chiot qui ne comprend pas. En refermant la porte, Arkenn évita de croiser son air implorant. Qu'avait-elle de spécial, au juste? Il en avait massacrées d'autres! Des plus jolies! Des plus jeunes! Des plus riches! Aucune n'avait réussi à faire fléchir son coeur. Personne n'avait jamais bénéficié de son indulgence. Personne. Il monta aussitôt dans le château. On l'aida à retirer son armure, et à passer une tenue plus légère. Des vêtements noirs, dont la poitrine était ornée du Loup, l'emblême de la famille. Un loup qui grognait et montrait des dents. Un loup en bonne santé, bien nourri.


Il monta rejoindre son père. Un homme trappu, avec une barbe naissante. Chauve. Vêtu d'une toge noire, et qui portait un médaillon d'or. Il marchair en rond dans la salle d'armes.

- Quelles nouvelles, Arkenn?
- Un succès père. Ils ont tous été exterminés. Je repartirai à la fin de la semaine...
- Arkenn?
- Oui, père?
- On parle d'une jeune fille, que tu aurais ramenée sur ton propre cheval...
- Sadella Roelinn, père.
- Pourquoi?
Arkenn était embarassé... Il se frotta le menton.
- Mon bras...a failli... J'aurais du la tuer...Je le ferai, si vous le vou...
Le vieil homme leva le bras, en secouant la tête.
- Tu as eu pitié d'elle?
Arkenn soupira.
- Oui, père...J'ai faibli.
Le vieux roi secoua la tête à nouveau.
- Arkenn...mon fils...je veux que tu saches...je ne te repproche rien...
- Je la tuerai, si vous me le demandez...
Imern Moerinn leva les yeux vers son fils.
- Tu ferais ça?
Arkenn pensa aux grands yeux noirs, aux cheveux soyeux, à l'air innocent et pur de la princesse.
- Non...
- Arkenn, notre cause est celle de la haine, et de la violence. Notre coeur ne connait ni faiblesse, ni compassion. Notre âme, ni remords, ni peine...
- Je le sais...
- MAIS! Si tu dois, pour détester tous les autres, aimer cette jeune fille...fais le... Les maîtresses et les prostituées ne sont pas tout....Un jour...Il te faudra une femme. Une femme qui t'aime. Qui porte ton fils. Qui pardonne tes crimes. Et si Sadella Roelinn doit être celle-là, je donnerai mon accord. Je connais bien son père...Cette jeune fille est cultivée, sensible...Son père...est un vieil ennemi. Du moins...était...Si tu dois aimer cette princesse, fais-le. Aime-là. Fais lui une place dans ton coeur...qu'il reste fermé à tous les autres...Un jour viendra où le pouvoir seul ne pourra pas te faire monter au combat. A ce moment là, pense à elle...Maintenant, va...Va, mon fils...Ne la laisse pas attendre...elle prendra froid. Les jeunes filles ne sont pas très résistantes....

Arkenn inclina son buste puissant, il se dirigea vers la porte. Avant de la claquer derrière lui, il lança:
-Père?
-Oui?
- Je ne l'aime pas...

La porte se referma. Irmern secoua la tête.
- Ne parles pas trop vite, mon fils...Ne parles pas trop vite...Murmura-t-il à l'intention de la minuscule fenêtre où l'on voyait le soleil se lever...

C'était le premier jour de l'hiver....

# Posté le samedi 14 avril 2007 18:44

suite

suite
La porte du cachot s'ouvrit en grinçant.

Sadella, à l'intérieur, était recroquevillée, tremblante. Ses pieds étaient glacés. Elle leva un regard moribond vers Arkenn, qui la regardait d'un air interrogateur.

- Viens. Lui dit-il.

La jeune fille se leva, et tituba jusqu'à la porte, sous le regard moqueur des gardes. Elle se rappa la jambe contre un clou qui dépassait du mur en se retenant contre celui-ci.
Les gardes pouffèrent. Arkenn leur jeta un regard noir, et il s'avança vers Sadella. Elle eut un mouvement de recul.

-N'aie pas peur...Lui chuchota-t-il.

Il la souleva délicatement, et la porta dans ses bras, comme un enfant qu'on console.
En passant, il lâcha aux gardes:
- Demain, si vous ne vous êtes pas suicidés, c'est vous qui serez dans ce cachot.

Les deux hommes déglutirent.

Arkenn monta Sadella dans le château. Elle grelottait. Il ouvrit la porte d'une chambre sobre, où se trouvaient: une cheminée allumée,un lit, une armoire, un nécessaire pour la toilette, un miroir posé sur un bureau, et une petite porte camouflée par un rideau. Il assit la princesse sur le lit deux places, couvert d'une couverture sombre, et prit une serviette dans l'armoire. Il la trempa dans la cuvette d'eau, et s'approcha de Sadella.
Il s'agenouilla doucement, et prit la jambe de la jeune fille dans sa main. Elle saignait. Il essuya doucement le sang. Tout était silencieux.
Sadella toussa, le froid du cachot lui ayant écrasé les poumons. Elle ne comprenait rien à ce qui lui arrivait.
- Où sommes nous? Fit elle doucement.
Arkenn leva les yeux vers elle, son visage doux, féminin, l'intimidait. Elle n'avait rien des prostituées qui passaient dans ses bras, et dont il oubliait tout.
- Dans ma chambre. Répondit-il.
La jeune fille se mordit la lèvre inférieure: c'était très inconvenant pour une fille de se trouver dans la chambre d'un homme qui, au reste, avait tué vos parents.
Elle éclata en sanglot, comme si elle réalisait enfin ce qui s'était passé.
- Que me voulez-vous? Pourquoi suis-je là?
Arkenn se releva. Sadella était secouée de pleurs, le visage dans les mains, les genoux tremblants. Il s'assit près d'elle, les yeux au sol, et chaque hoquet de tristesse de sa jeune prisonnière lui arrachait le coeur.
- J'ai envahi ton pays, tué tes parents, tes oncles et tantes, tes cousines...J'ai gâché ta vie, je le sais. Maintenant tu es ma prisonnière. Je te garde pour signer des traités...Voilà...

Sadella leva ses yeux trempés de larmes vers Arkenn.
- Vous allez me tuer, après, c'est ça? Demanda-t-elle. Elle tremblait comme une feuille, et respirait avec difficulté. Est-ce que je vais souffrir? Ajouta-t-elle dans un murmure.

Arkenn se mordit les lèvres.
- J'ai d'autres projets pour toi, princesse.

Il l'aida à se lever, et la conduisit dans une chambre, dont la porte faisait face à la sienne. Là encore, le décor était sommaire, et l'ammeublement très spartiates, mais un bon feu crépitait déjà dans la cheminée.
Une jeune servante, au visage grossier se trouvait déjà là, elle venait de changer les draps.

Arkenn lui adressa un signe de tête, et la jeune fille se précipita vers la princesse.
Le prince ferma la porte.

- Bonjour...Dit Sadella à la servante.
- Bonjour, madame. Mon nom est Jun...C'est moi qui vais vous préparer.

Sadella jeta un regard interrogateur à Jun.
- Me préparer? Fit elle.
- Pour le déjeuner de ce midi. J'ai reçu des consignes. Venez...

Jun ouvrit une petite porte dérobée, et Sadella entra dansune salle où se trouvaient une armoire, une baignoire, un miroir et une coiffeuse. Elle n'aurait jamais supposé que de telles choses se trouvaient dans le château...

L'eau dans la baignoire était chaude, et elle s'y plongea avec délice. Jun l'aida à se laver les cheveux.

- Ne traînez pas, Mademoiselle...Ils sont assez pressés, les hommes, vous savez...

Sadella sortit donc du bain, et s'enveloppa dans une serviette rugueuse, certes, mais propre.

Elle passa une culotte (sorte de short en soie et en dentelle), des bas blancs, et des chaussures souples en vair.
Jun lui apporta une chemise blanche, relativement travaillée, qui descendait assez bas sur les hanches.
La jupe qu'on lui donna était blanche elle aussi, très ample, très longue, et où des motifs floraux étaient brodés en fil d'argent.
Jun l'aida à mettre son corset, mais ne le serra pas trop. Par dessus, elle passa un tronc, qui reprenait les motifs de la jupe.

Jun aida Sadella à coiffer ses cheveux en chignon.

Elle tourna autour d'elle, avec de grands yeux et un air dubitatif assez sot.
- Par les dieux...Chuchota-t-elle..
- Quoi? Qu'y a-t-il? Fit elle, cherchant à trouver ce qui clochait.
- Rien, mademoiselle...Si ce n'est que votre titre se lit sur votre visage...

Sadella rougit, et remercia Jun pour ses compliments.
La servante l'excorta jusqu'à une grande salle, où une table de bois était dressée.
Irmern présidait, et à sa droite se trouvait Arkenn. A sa gauche, le lieutenant de celui-ci.

De vieux ministres, et des hommes en armes occupaient les deux côtés de la table.
Tous levèrent les yeux vers elle à son arrivée.
Sadella sentit sa poitrine se comprimer, elle baissa doucement la tête.

Arkenn, renversé dans son fauteuil, le menton appuyé sur sa main, la contemplait. Tout à coup Sadella prit conscience qu'elle était vêtue de clair, et que sa robe tranchait avec l'ambiance sombre et masculine qui régnait dans la salle.
Alors qu'elle pensait à sa robe, tous les hommes de la salle contemplaient son visage et sa gorge blanche. Elle dégageait une incroyable lumière.

Un vieil homme se leva en titubant, il avait de longs cheveux blancs qui flottaient derrière lui. Il tira le fauteuil du bout de la table.
Sadella s'assit. Tous les regards étaient toujours rivés sur elle.
Imern, qui paraissait amusé, prit la parole.

- Voici la jeune Sadella Roelinn, des Terres Glacées.
Un des hommes en arme, au visage lacéré de cicatrices, toussa, et fit tonner sa grosse voix:
- La fille de Tagascar Roelinn? Que fait-elle ici?
Imern eut un petit sourire malin. Ses sourcils en accent circonflexe se soulevèrent.
- Arkenn l'a épargnée lors du massacre des Roelinn. Dit il en buvant une gorgée de vin.

Sadella, ne sachant que faire, entreprit d'aligner des feuilles de salade sur sa fourchette, les yeux rivés sur son assiette. Chacun parlait d'elle comme si elle avait été absente, ce qui l'incommodait presque autant qu'Arkenn.
Un des ministres s'étonna.
- Pourquoi? Je vous rappelle que tant qu'un membre de la famille royale est en vie, et qu'il n'a pas signé de reddition, il est maître de son pays...Même en étant prisonnier...Cette jeune personne, aussi charmante et inoffensive soit-elle, est un chef de guerre...Ce que vous n'étiez pas sans savoir, au moment de l'attaque, prince Arkenn...

Arkenn, la mâchoire serrée, piqua violemment sa fourchette dans un morceau de viande. Il tentait de cacher sa colère. Les ministres et les généraux chuchotaient entre eux, s'accordant que le ministre parlait bien...
- Avez vous l'intention de la torturer afin de lui faire avouer les secrets diplomatiques de son royaume? demanda un des chevaliers, un jeune homme assez maigre, aux yeux verrons. Je vous assisterais avec joie, si tel était le cas...

Sadella manqua de s'étouffer avec sa salade.

Arkenn posa sa fourchette, et releva la tête, un éclair de colère retenue dans les yeux.
- Je te remercie, Keyden. Mais je ne vais pas torturer la princesse.
Tous les regards se tournèrent vers lui, seule Sadella continuait de rester concentrée sur sa salade.
- Et vous allez faire quoi? Demanda l'homme aux cicatrices.
- Je compte l'épouser! Aboya le prince.

La princesse leva brusquement la tête, et lâcha sa fourchette.
Le tintement de l'argent sur le carrelage de marbre attira l'attention de tous les ministres.
Sadella était parfaitement incapable de faire quoi que ce soit, elle lança un regard désespéré à Arkenn, qui paraissait apaisé de croiser son regard.

# Posté le samedi 14 avril 2007 19:01

Modifié le mardi 17 avril 2007 10:28

Mariage???

Mariage???
Imern s'adressa à la princesse.
- Est-ce une nouvelle inattendue?
Sadella pensa lui demander de répéter la question...Un homme massacrait ses parents, sa famille, son peuple et avait l'intention de l'épouser.
Elle resta silencieuse.
Arkenn lui adressa un petit rictus.
- C'est diplomatique. Nous signerons immédiatement après le repas. Vous signerez l'acte sans le lire...Princesse...

Sadella sentit une bouffée de chagrin, de peur et de colère l'envahir.
Elle se leva doucement.
- Je n'ai plus très faim...Excusez-moi...

Elle se dirigea vers la porte, soulevant le bas de sa robe pour marcher plus vite.
Elle sortit sans jeter un regard à la tablée.
Elle marchait rapidement dans le couloir qui menait aux grands escaliers. Une larme lui coula sur la joue, elle l'essuya nerveusement du plat de la main.
Une main l'attrapa fermement par le bras. Elle fit volte face. Arkenn. Elle ne l'avait même pas entendu venir. Elle baissa les yeux, s'attendant à une remarque cinglante.
- Attends...
- Lâchez-moi! Siffla-t-elle, sans vraiment y croire.
- Tu n'as pas le choix, princesse...
-On a toujours le choix! Hoqueta Sadella.
-Pas quand on a des responsabilités! Aboya Arkenn. Il l'attira contre lui. Elle paraissait minuscule, comparée à l'immense guerrier.

- Je ne veux pas vous épouser! Lâchez-moi! Vous êtes un assassin! Une brute! Vous êtes incapable d'avoir une femme!
-J'ai de nombreuses maîtresses... Fit Arkenn, comme une excuse.
- Je me moque de vos maîtresses! Je vous parle de tendresse! D'amour! Je ne vous épouserez pas! Cria-t-elle.
Elle se calma.
- J'ai toujours eu l'espoir de me marier avec l'homme de mon choix...Mon père était bon...Il m'aurait laissé choisir, pas comme tous ces rois obsédés par les traités. (les larmes lui montèrent aux yeux) Je...je me disais que j'épouserais un homme qui m'aimerait...Vous...Vous ne m'aimez pas...Vous allez m'épouser pour des raisons diplomatiques, et vous me mépriserez...Et...vous passerez votre temps avec vos maîtresses...Parce que vous n'aimez personne...

Arkenn ne dit rien. Il l'amena un peu plus contre lui, la prit par les épaule et la regarda bien en face.
- Je sais que je ne suis pas un modèle de douceur. Je suis un assassin,tu as raison. Et il n'y a que dans ta bouche que ce surnom me blesse..Tu ignores tout de moi...Et mon père m'en a appris beaucoup sur toi. Si je t'épouse, c'est par choix...Et je ne te laisse aucune possibilité de refus. Viens.

Il la tira doucement vers la salle à manger. La table avait été débarrassée, et un feuillet de papier l'attendait à sa place, avec une plume et un encrier.
Les ministres et les généraux étaient toujours là.
Elle s'assit.
La feuille devant elle était parfaitement blanche.

- Signe...Ordonna Arkenn.
Elle secoua la tête.
- Quelles sont les termes de ce document?
Les chevaliers présents rirent discrètement.
-Tu le sauras après... Dit Arkenn

Sadella, dont l'esprit était emmêlé, secoua obstinément la tête.
L'homme nommé Keyden tiqua.
-Pourquoi ne pas lui arracher un doigt? Elle signera, après!
Arkenn lui jeta un regard noir.
Il s'approcha de Jun, la servante de Sadella, qui patientait de un coin de la pièce, la prit par les cheveux, et tira une longue dague d'argent qui pendait à sa ceinture.
Il plaqua la lame contre le cou de la servante qui poussait des couinements de bête blessée.
- Signe, princesse... Lui dit-il. Tu sais très bien que je le ferais sans hésiter...

Sadella, les lèvres pincées, signa la feuille blanche. Aussitôt après, l'énoncé du traité apparut. Arkenn envoya valser Jun contre un mur.
Il prit la feuille, et la tendit à un des ministres.
Sadella s'effondra, et, afaissée sur la table, en larme, elle écouta Arkenn lui lire ce qu'elle venait de signer.

- Tu t'engages à me laisser le libre contrôle de tes terres, de tes gens -du moins, ce qu'il en reste- et des ressources de ton pays...Mis à part cela, tu deviens ma femme...Et tu t'engages donc à honorer tes devoirs conjugaux...Avec tout ce que cela implique...Je serai assez gentleman pour ne pas évoquer cela devant des tiers, mais je pense que tu vois de quoi je veux parler...

Sadella était trop accablée pour répondre quoi que ce soit, et elle resta là, à pleurer. Jun se fraya un chemin vers elle et la releva. Elle l'aida à marcher, et à sortir de la salle.
Ses pleurs retentirent jusqu'à ce qu'elle ne monte les escaliers.

Tous sortirent, en direction de la salle du trône. Sauf Arkenn qui resta là, avec le vieil homme qui avait tiré la chaise de Sadella pendant le repas.

- Mon prince? Dit il.
- Quoi? Lâcha Arkenn.
- Cette jeune fille...a vu tout son monde s'écrouler. Vous venez de l'enfermer dans une prison d'où on ne sort que par la mort....Je ne sais pas combien de temps elle survivra dans ces conditions...

Arkenn comprit le message...Il s'élança vers la chambre de Sadella.

# Posté le mardi 17 avril 2007 10:29

Suite...

Suite...
Sadella était effondrée sur son lit, et Jun lui caressait le dos, amicalement.
- Calmez vous, mademoiselle... Je vous en prie....
Mais Sadella n'y parvenait pas.
On frappa trois coups à sa porte.
- Allez-vous en! Je vous déteste! Hurla-t-elle entre deux hoquets.

Arkenn entra tout de même. Il fit un signe de tête à Jun, qui sortit promptement, sans le regarder.

Sadella se redressa, et essuya ses larmes.
- Sortez d'ici! Je vous hais! Siffla-t-elle.

- Tu me hais? Fit Arkenn, avec un petit rictus à la fois triste et sarcastique.
- Parfaitement! Vous êtes le personnage le plus ignoble au monde! Je vous hais!

Il marcha jusqu'à la fenêtre.
- Tu sais, beaucoup de gens m'ont dit ça...Et je les ai tués...
- Vous pouvez me tuer, si ça vous amuse...Cracha Sadella.
Arkenn s'adossa au mur, et la fixa.
- Il y a deux ans, tu étais au bal des Elfes...Comme toutes les personnes appartenant à des familles royales...Tu avais quinze ans, moi seize. Tu étais près de la table, en train de discuter avec ton grand oncle. Tu portais une robe...blanche, avec des brodures dorées, et une ceinture en or. Tu étais magnifique, tout simplement. J'ai demandé à Esquemus, le vieil homme aux cheveux blancs, qui était mon précepteur : "Qui est la jeune fille, là bas?" et il m'a répondu "la princesse des Terres Glacées.". Il m'a tout dit de toi...Tout ce qu'il savait. Je n'ai pas osé t'aborder. Tu étais si innocente, et moi, j'avais déjà beaucoup de sang sur les mains.

Sadella se leva, et marcha vers Arkenn. Il planta ses yeux dans ceux de la jeune princesse.

- Je ne te tuerai pas, Sadella. Je crois que je serai à jamais incapable de le faire. Tu es libre, ce château est ta maison. Vas où tu veux, à l'exception des souterrains.

Sadella fit un pas de plus vers Arkenn, ils étaient tout proches.
- Qui êtes vous vraiment? Souffla-t-elle.
Arkenn avança une main vers son visage, et joua un instant avec une mèche qui dépassait du chignon de la jeune fille.

- Une abomination. Voilà ce que je suis.

La jeune fille se sentit imperceptiblement attirée vers le prince. Elle reprit ses esprits et se dégagea de son regard envoutant.

- J'ai quelque chose pour toi...Lui dit Arkenn, qui avait ressenti le même malaise. Il sortit une clé de sa poche.
Sadella la prit entre ses doigts. Une grosse clé, en argent.
- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle.

- La clé de la bibliothèque...De ma bibliothèque...C'est le seul double qui existe...Elle se trouve au premier étage, près de la salle du trône...J'ai cru comprendre que vous aimiez lire...

Arkenn sortit sans autre explication, laissant Jun entrer à nouveau.

Sadella entraîna la jeune servante jusqu'à la bibliothèque, où elle fut surprise de trouver des tas de livres traitant d'art, de philosophie, de mythologie...Il y avait également des livres auxquels elle ne s'intéressait pas, habituellement: des livres traitant des sciences, des startégies martiales et de géographie. Elle se surprit à prendre un peu de tout, et y passa des heures. Elle finit par donner quartier libre à Jun, qui s'ennuyait, et ne se présenta pas au souper, n'ayant pas vu l'heure passer.
La bibliothèque était immense, et comportait des milliers d'ouvrages. Sadella restait là, en boule dans un gros fauteuil, à côté du chandelier où presque toutes les bougies s'étaient consummées.
Elle finit par s'endormir, le nez dans un livre sur l'Histoire des Trolls écrit en langue Troll, qu'elle venait d'apprendre grâce à l'ouvrage Les clefs des langages éteints, et se réveilla au beau milieu de la nuit, le chignon défait, la robe froissée.
Il ne lui restait plus qu'une seule bougie. Sadella se mit en tête d'aller en demander une autre aux cuisines. Elle se saisit du moignon de bougie qui restait, et sortit silencieusement de la bibliothèque.
Le château, la nuit, était parfaitement effrayant, et Sadella frissonait. Elle avait l'impression d'entendre des bruits étranges, mais finit par se convaincre qu'il s'agissait de courants d'air...
Elle s'engouffra dans un petit couloir, qui débouchait sur une petite porte. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se rendait, mais il était logique que les cuisines se trouvent dans la même aile que la salle à manger, n'est-ce pas?
Sadella ouvrit la petite porte. Un escalier? Pourquoi pas...
Elle descendit, tout doucement, éclairée seulement par sa bougie. Ele atterit dans un couloir, éclairé par des torches. Plusieurs portes...Laquelle prendre?
Elle entendit des tintements métalliques et des cris, à gauche. Les cuisiniers, déjà? Elle se précipita vers la porte de gauche.
Elle la poussa doucement. Les cris n'étaient pas des cris de cuisiniers au travail... C'étaient des cris de douleur.
Sadella ouvrit un peu plus la porte. Ce qu'elle vit lui coupa le souffle.
Keyden, Arkenn et l'homme aux cicatrices étaient en cercle autour d'un fauteuil. Keyden se tenait derrière l'homme, un sourire cruel accroché aux lèvres, lui tenait la tête. L'homme aux cicatrices était appuyé contre le mur, transpirant, prêt à vomir.
Arkenn était en face de l'homme, dos à Sadella. Une de ses mains palpait le ventre de l'homme,et, par Dieu sait quels moyens, lui infligeait des souffrances terribles.
Il s'agitait, ne pouvait bouger.
Keyden, desserrant les dents lui demanda:
- Reprenons, Estireus, sais tu où est le Livre Global?
L'homme hurla.
- La princesse....est-elle...en vie? Où est...Sadella? Demanda-t-il...
C'est alors que Sadella reconnut l'homme en haillons, la tête rasée, affaiblit par les nombreux sévices qu'il avait subit: Estireus Linuseus. Son précepteur. Celui qui lui avait tout appris. Celui qui l'avait éveillée à la beauté de la nature, à l'importance de la justice, de la liberté, du respect de la vie.
Elle se jeta dans la salle.
- ESTIREUS! Cria-t-elle, ayant enfin retrouvé sa voix. Elle se rua vers la chaise.
- ARKENN! Alerta Keyden, le visage tremblant de colère.

Arkenn, plus vif que l'éclair, se retourna. Sadella apperçut, l'espace d'un instant, le visage, qui malgré la douleur, lui souriait. Elle vit aussi que son maître avait un petit trou dans le ventre, grâce auquel Arkenn le torturait.
Le prince la saisit au vol. Elle tendit désespérément une main vers le vieil homme, qui murmurait son prénom.

Arkenn la tenait fermement à la taille, la soulevant de terre, souillant sa robe blanche comme les étoiles de sang et de poussière. La princesse hurla de plus belle.
- LACHEZ MOI!!! SALE MONSTRE! NE ME TOUCHEZ PAS! TUEZ MOI!!!

Arkenn la tira dehors, et l'homme aux cicatrices ferma la porte.
Sadella se débatit, mais Arkenn, plus fort qu'un taureau, la maintenait fermement.
- Calme toi...Là...Calme toi...
Sadella ne trouva plus l'énergie de se débattre, ou de hurler, elle resta immobile, pleurant dans les bras du tortionnaire de son mentor, du meurtrier de ses parents, de celui qui avait massacré son peuple...Son époux.
Arkenn la berçait doucement. Elle se laissa glisser à terre, à genoux devant lui.
- Tuez moi...Je vous en prie tuez moi...Pitié....Pleura-t-elle.

Arkenn éclata d'un rire malheureux, et se laissa tomber à genoux lui aussi.

- Tu crois que je peux? Tu crois que je ne souhaite pas l'avoir fait? Hein? Tu crois que je n'aimerais pas? Comment peux tu penser, une seule seconde, que je t'ai épousée pour des raisons diplomatiques? Alors que des tas de princesses me l'ont déjà proposé...Je ne peux pas te tuer, princesse...Je préfèrerais m'arracher le coeur...

Il l'entoura de ses bras, la regardant dans les yeux. Ses beaux yeux noirs, brillants de larmes. Sadella baissa les yeux.
- Je vous déteste...Murmura-t-elle.
Arkenn lui releva le menton l'obligeant à soutenir son regard. Il lui tint fermement la tête et appuya sa joue contre la sienne, lui chuchotant à l'oreille, tout doucement:
- Déteste-moi autant que tu veux...Ca m'est égal...

Sadella pleura de plus belle, laissant aller sa tête sur l'épaule d'Arkenn. Elle essuya ses larmes sur son épaule et se lova contre sa poitrine...Peu lui importait qu'il soit un assassin, une brute sanguinaire...Pour l'instant, elle voulait juste qu'il la prenne dans ses bras, et qu'il sèche ses larmes.
Ils restèrent enlacés ainsi deux longues minutes, Arkenn caressait les cheveux de Sadella, se balançant doucement d'avant en arrière, pendant que la jeune fille reniflait, ses yeux humides grand ouverts...Toute sa famille était morte. Son maître mourrait, lui aussi. Mais il restait encore quelqu'un pour la protéger.

La porte s'ouvrit tout à coup, sur Keyden, le visage plein de haine et de rage. Il arracha Sadella des bras d'Arkenn.
Ce dernier se leva.
- Mais qu'est-ce que tu fais? Tu es fou?

Keyden entraîna Sadella dans la salle de torture, l'exhibant à la vue d'Estireus. Il serra son bras droit autour de son cou, alors qu'il appuyait un couteau long et fin sur son estomac.

- Lâchez-moi, vous me faites mal...Supplia la princesse.
Arkenn tremblant de colère, aboya à l'adresse de Keyden:
- LACHE LA! IMMEDIATEMENT!
Keyden secoua la tête.
- Le vieux n'a pas arrêté de parler d'elle. Il ne parlera pas...Sauf, peut-être, si on lui sort les boyaux...

Arkenn fit un gros effort pour se contenir.
- Lâche-là. Tout de suite. Je ne voudrais pas avoir à utiliser mes pouvoirs contre toi...
- Allons, Arkenn...Ce n'est...qu'une fille! Tu ne vas pas jouer les sentimentaux!

Estireus secouait la tête:
- Ne le laissez pas lui faire du mal...Pitié...Si vous n'avez pas pitié d'un vieil homme, ayez pitié d'elle...
- Dis nous où est le livre! Aboya Keyden.

Estireus fondit en larmes.
Sadella voulut hurler, mais aucun son ne sortait de sa bouche, sinon un misérable gémissement de souris. Keyden venait d'enfoncer la lame de son couteau de deux bons centimètres dans le ventre de la jeune fille. Un tâche de sang s'étendait sur sa robe.

- NON! Hurla Arkenn.
Keyden fut projeté, comme par magie, contre le mur de pierre de la salle. Il était comme collé contre celui-ci, et paraissait respirer avec difficulté.
Sadella tomba à genoux.
Arkenn se rua sur elle, retira le couteau d'un coup sec et appuya fermement sa main contre la blessure. La jeune fille sentit une douce chaleur, et, lorsqu'Arkenn retira sa main, il ne restait que le trou et la tache de sang, comme trace de l'agression de Keyden.

Keydenn trouva le courage de se relever, et marcha jusqu'à Estireus. L'homme aux cicatrices emmena Sadella au dehors, et l'aida à monter jusque dans le couloir près de la salle à manger. Keydenn enfonca profondément son couteau dans le ventre d'Estireus et sortit, la démarche titubante, avant de tomber, évanoui, dans le couloir devant les escaliers.

Arkenn resta seul avec Estireus, agonisant.

- As tu quelque chose à dire, avant de mourir, vieil homme? Demanda-t-il.
-Aimes tu la princesse? Réponds moi...Susurra Estireus.
Arkenn, dont la main était pleine du sang de Sadella, serra le poing.
- Je pense que oui. Dit il.

Estireus lui fit signe d'approcher. Arkenn se pencha vers lui.
- Je vais te dire où est le Livre Global...avant de mourir...
-Parle... Dit le Prince.
- C'est elle...Répondit le vieil homme, dans un soupir.
Il s'éteingnit

# Posté le mardi 17 avril 2007 12:27

Le Livre Global? Est-ce la bonne traduction.

Le Livre Global? Est-ce la bonne traduction.
Sadella était assise sur son lit, le regard dans le vide, lorsqu'Arkenn entra dans sa chambre.
- Je t'avais demandé de ne pas entrer dans les sous sols...Dit il.
- Je cherchais...une bougie...Souffla la princesse.

-Estireus est mort. Dit Arkenn, froidement.
- Je sais. Pourquoi tu n'as pas laissé Keyden me tuer? Hein?

Le prince s'approcha d'elle, et pointa un doigt menaçant vers elle.

- Ne t'avise plus jamais de mettre ta vie en danger! PLUS JAMAIS! J'ai cru mourir!!! Et ne me demande plus JAMAIS de te laisser mourir!

Sadella se leva, tremblante de rage.
- Mais qu'est-ce que ça peut vous faire??? Vous êtes un monstre! Je vous méprise!

La gifle fut si violente qu'elle la projeta à terre. Arkenn s'assit sur le lit de la princesse, la tête dans les mains. Sadella se sentait sonnée par le choc.

- Excuse-moi...Tu as raison. Je suis un monstre...

La princesse frotta sa joue brûlante et tenta de se mettre debout. Elle vint s'asseoir près d'Arkenn, et posa doucement sa main libre sur son épaule.

- Je ne suis pas complètement humain...Mon père m'a placé sous la protection de Samael, le Roi des Démons, à ma naissance...Je suis son héritier...Je bénéficie de certains pouvoirs...Je n'ai jamais eu le temps de m'amuser, tu sais...Depuis que j'ai 2 ans, on m'apprend à me battre, à diriger des batailles, à regner...On m'a appris la science, la politique...La magie...La volonté de dominer le monde. Tu sais...Je n'ai jamais eu pitié de personne avant...Jamais...

Sadella hocha la tête.

-J'ai tué. J'ai torturé...Et je continuerai.

La jeune princesse appuya sa tête contre le bras d'Arkenn.

-Mon seul ami est également sous la protection d'un démon...C'est mon allié...Ensemble, nous avons ravagé de nombreux pays...Nous recherchons le Livre Global...La clé de l'équilibre du bien et du mal...En détruisant le Livre, on peut dominer le monde sans partage...Et faire basculer la balance d'un côté ou de l'autre...Malheureusement, nous ne le détruirons jamais...Chuchota Arkenn.

- De quoi? Fit Sadella.
- Sais tu ce que veux dire "Fenn'en'tar"?
- Oui. C'est du vieux Nanique.
- Traduis le.
- Entité parfaite.
- Nous avions traduit :"Livre Global". Nous sommes des idiots...
- Mais qu'est-ce que c'est? Ca sert à quoi?
- J'ai posé la question à Estireus...Il m'a répondu que TU étais l'"entité parfaite"...

Sadella se leva d'un bond, et récita quelque chose dans une langue étrange.

- Ca veut dire quoi?
- 'Et l'enfant naîtra, un matin enneigé. Ce sera une fille, qui naîtra d'une Reine et d'un Roi, mais qui ne sera pas leur enfant. Elle gardera le Bien. Et nul ne pourra la détruire, même le plus Malfaisant, car le Mal ne peut rien contre l'Ame. ' Traduisis Sadella.
- Je suis née au plus fort de l'Hiver...Continua-t-elle.

Arkenn marcha jusqu'à la fenêtre.
- Cela ne change rien. La légende parle bel et bien d'un livre...Un livre qui contient des tas de formules magiques que seul une personne peut déchiffrer...Je pense que cette personne, c'est toi...
-Et alors? Tu veux que je t'aide?Je ne le ferai pas. Dit-elle froidement. C'était la première fois qu'elle tutoyait Arkenn.

-Je sais. Je ne te demande rien...D'ailleurs, tu es trop jeune...Et je n'ai pas trouvé le Livre, pas encore... Tout ce que je te demande, c'est de rester près de moi.

Sadella se tourna vers le prince.
- Pourquoi? Demanda-t-elle.
- Parce que je t'aime. Et je me moque que tu me détestes. Moi je t'aime, et je te protégerai. Si tu refuses mon amour, tant pis. Mais si tu l'acceptes...Je ferai de mon mieux pour te rendre heureuse.

La jeune fille rougit jusqu'aux oreilles. On avait pas idée d'être aussi direct!

Arkenn l'allongea sur son lit.
- Tu vas me demander d'honnorer le devoir conjugal? Fit elle.
- Non, je vais te demander de te reposer.
- Tu ne dors pas? Lui demanda-t-elle, les yeux mi-clos.
- Non, je n'ai jamais dormi. Je te l'ai dit, je ne suis pas humain.

Sadella se tourna sur le côté, et s'endormit presque aussitôt. Arkenn ne bougea pas du reste de la nuit. Il restait debout, appuyé contre le mur, à la fixer. Avec amour.

# Posté le mardi 17 avril 2007 14:15